Archive for the ‘Anecdote’ category

Poulet et question

avril 3, 2008

Hier soir j’ai fais un long chemin jusqu’à Ville Lasalle. J’ai mis 1h30 pour y arriver. Il faut dire qu’une pancarte m’a échappé et je me suis retrouvée dans un centre industriel d’une ville voisine. Je suis vite devenue un cas de rage au volant. En maudit contre moi-même d’avoir fait une gaffe si stupide.

Nous étions 3 filles dans la trentaine, s’étant fréquentées durant le secondaire. La 3ième, nous l’avions perdue de vue. C’est la 2ième fois que nous faisons ce genre de souper. Je réalise que les années ont fait leur oeuvre. Les atomes sont moins crochus. Ces derniers ont probablement eu droit à un bon coup de fer à repasser. Mais ce n’est pas grave, juste ce petit moment de rires et de souvenirs fait du bien.

Cette ancienne amie n’a pas changé. Le sexe et les hommes sont encore, plus que jamais, son principal sujet de conversation. Elle nous a même fait la blague du méga-pet avec décompte avant d’embarquer dans la voiture, question de nous faire rire, comme dans le temps. Les années ont fait leur oeuvre, nous avons évoluées chacune de notre côté, des parcours vraiment différents. Nous avons très peu en commun maintenant.

Au cours de la soirée, l’une d’elle me dit qu’il n’y a pas plus raciste que son conjoint des 15 dernières années.  elle me décrit un peu les propos tenus par ce valeureux spécimen. Elle ne sait pas que j’ai marié un Maghrebin. Il faut dire qu’elle ne m’a pas encore demandé le prénom de mes filles, sinon, elle aurait bien deviné. En fait, elle ne m’a pas vraiment posé de question, les 2 derniers soupers étant consacrés aux souvenirs et à la description des fesses du serveur. Pas moi, bien entendu, moi, je préfère parler des raies géantes ( petit inside pour Cath).

Mais, la question qui tue arriva : Dis, vous voulez venir chez moi pour terminer de jaser, je vais vous présenter mon conjoint !

– Bah, sans façon, je suis fatiguée, je vais rentrer chez moi. J’ai une heure de route qui m’attend.

Je ne sais pas si c’est moi qui est susceptible, mais si on vous propose de rencontrer quelqu’un qui vous a été présenté comme quelqu’un qui tient des propos dégoûtants qui vous touchent dans votre quotidien, vous faites quoi ? Vous pourriez lui serrer la main ? 

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Assez incroyable ce qu’ils apprennent vite !

mai 2, 2007

Mon bébé a maintenant 16 mois.

Vu les horaires de son papa, bébé n’a pas eu l’occasion de le voir faire la prière bien souvent. Je dirais même jamais. Mais voilà, de toute évidence elle l’a vu faire, mais j’insiste, elle n’a pas pu le voir plus que 2 ou 3 fois.

Eh bien hier le tapis de prière trainait au salon. Mon bébé est allée prendre position dessus ! Je croyais halluciner. C’est que la position et les gestes sont trop typiques pour n’être qu’un hasard. Elle s’est mise à genous sur le bout du tapis, les mains sur les cuisses, et bougeait ses lèvres en silence. Ensuite elle a levé son index droit. Elle a fini par se coucher à plat ventre et à rigoler.

Il faut savoir que de bouger l’index droit, lorsque la main est encore sur les cuisses, fait partie de la prière à un certain moment de la « routine ».

Ma grande fille a évidemment vu son père plus souvent, mais ce qui est drôle, c’est qu’elle a adapté sa façon de faire. Elle termine la prière par une culbute 😀 Mis à part cette culbute, elle sait comment faire et récite quelques mots. Ce qui est marrant aussi, c’est qu’il lui prend l’envie de faire la prière de temps à autre, lorsqu’elle voit un bout de tissu qui traine, même un klennex propre échappé par mégarde. Bref, tout ce qui traine et a une forme rectangulaire le moindrement. J’ai une photo d’elle qui prie sur une planche de surf !!!

Pour ceux et celles qui se posent la question, non, nous ne lui avons pas enseigné la prière. Elle l’a apprise d’elle même en observant. Pour elle c’est un jeu. Fait cocasse: La prière est annulée si nous perdons le fil, la concentration ou si on se met à rigoler. Alors il faut s’imaginer le tour de force pour papa qui tente de prier alors qu’il y a une tite face qui se pointe et se couche sur le tapis ou bien qui grimpe sur son dos. Je l’ai déjà entendu éclater de rire, ne pouvant plus s’arrêter. Ma fille était en train de lui raconter des trucs insensés à 2 pouces du visage lol.

Entoucas, voilà un exemple d’événements qui arrive dans une famille multi. Et si nous n’y sommes pas préparés, ça peut créer un malaise et des frictions. Ça semble banal dit comme ça, mais combien se sont senties mal à l’aise lorsque j’ai dit que mon bébé de 16 mois faisais la prière ? Imaginez un couple dont l’un ou l’autre rejette complètement la culture/religion de l’autre et espère secrètement qu’il oublie, qu’il cesse de pratiquer, que par amour il renie un peu ce qu’il est et d’où il vient ? Eh oui, j’ai souvent vu, lu et entendu ce genre « d’espoir ».

Entoucas, je ne pourrais pas jaser de ça lors d’un souper avec la famille élargie. Je vais devoir me justifier sans bon sens.

Qui mange quoi

avril 17, 2007

Une des difficultés rencontrées dans le cadre d’un mariage mixte, aussi étrange que cela puisse paraître, c’est la bouffe. Tout le reste, on s’entend à merveille. Nous sommes comme chien et chat les 2 doigts de la main. Une belle harmonie. S’il y a un conflit qui se pointe, nous tentons de dialoguer le plus possible. On n’a pas le choix, y’a toujours des ajustements à faire.

Mais l’alimentation, c’est difficile de faire des compromis là-dessus. Oui c’est exotique d’essayer de nouvelles choses. Mais il y a certaines choses que je refuse d’essayer ou bien même de voir. Lui aussi d’ailleurs. Au début il y avait la gêne qui faisait en sorte qu’il mangeait tout ce que je faisais sans rien dire. Mais lorsqu’on prend nos aises, on ose un peu plus.

Je suis incapable de tolérer une pelotée de coeurs de poulet dans le frigo, pas plus qu’un coeur de veau. J’ai étudié de long en large les oreillettes, les ventricules, les valvules du coeur, je n’ai pas besoin d’en voir de si près. Et y’a pas à dire, une langue de veau, bien ça me donne des crampes de langue lorsque je tombe nez à nez nez à langue avec cet organe dans mon congélo. De la soupe à l’intestin de mouton, un paté de cervelle et un gros foie tout rouge me donnent des frissons juste à les imaginer là.

Je n’aime pas non plus les fruits de mer, mais au moins ceux-là je peux tolérer leur présence dans le frigo. Cependant, je lui ai demandé de ne pas acheter de crevettes entières. Je suis incapable de soutenir le regard d’une crevette morte. 😀

Nous avons déjà discuté de la chose. J’aimerais qu’il n’achète plus ce genre de trucs, mais en même temps, je ne suis pas sans coeur, je sais bien qu’il ne se coupera pas de tout ce qu’il aime parceque j’ai le coeur sensible. Il n’achète presque plus d’abats, c’est très rare, et il le mange juste quand je n’y suis pas. Ouais… l’odeur aussi m’écoeure…

De mon coté, je n’achète plus de bacon, ou produits de porc. Nous nous sommes accomodés raisonnablement. Il faut dire que déjà en partant, je n’aime pas vraiment le porc ni le jambon tout rose. J’ai des tendences végétariennes.

Il est vrai que ce n’est pas juste une question de culture, mais de goûts aussi. Je ne crois pas que tous les Maghrebins aiment les abats et que tous les Québécois les détestent. Lui il n’aime pas les pâtes alimentaires, à moins qu’elles ne soient surcuites, c’est-à-dire molle et pâteuses. Ce que moi je jetterais à la poubelle, lui il les mange comme ça. De mon coté, ce qui m’embête c’est qu’il cuisine beaucoup de légumes et le tout badigeonné d’huile d’olive goûteuse. Mouais, elle goûte fort en titi.

Et aussi c’est trop compliqué sa cuisine, il épeluche les poivrons verts 😮 De plus, le couscous cuisiné de façon non traditionnelle, il trouve ça épouvantable comme goût. J’avoue, ça goûte pas du tout pareil, mais moi j’aime tout de même. La facon traditionnelle est plus longue. Il faut le mouiller et le laisser gonfler, ensuite on le cuit vapeur dans la couscoussière, on le mouille à nouveau, le refait gonfler, puis le refait cuire vapeur. Moi, comme plusieurs en Amérique, je met une tasse d’eau bouillante sur mon couscous et ça finit là.

J’ai une anecdote avec l’huile d’olive. Les méditérranéeens croient beaucoup aux vertus de cette huile. Toutes les raisons sont bonnes pour s’en servir. Un jour que bébé avait une bonne toux, il lui a fait un massage avec de l’huile d’olive. Moi je suis pro-massage sur les bébé, alors pas de trouble. MAIS il a utilisé l’huile goûteuse. Ouffffffffff mon bébé puait tellement que je me suis tenue loin d’elle toute la soirée. Mouahaha pauvre poulette. Papa n’a jamais rien compris à tout cela. Faudrait que je badigeonne bébé avec de la sauce à poutine pour qu’il comprenne l’effet 😀

Pour le moment, notre accomodement pour le souper est bien souvent de manger chacun nos affaires lorsqu’on ne s’entend pas. C’est ce point qu’on doit travailler. Trouver des choses communes. Ça serait mieux avec les enfants aussi. Que nous mangions tous les quatres la même chose.

Bon je me suis défoulée un peu. J’aimerais tellement ça que ce soit plus facile de ce coté. Ça ne donne pas envie ni à un ni à l’autre de cuisiner lorsqu’on sait que l’autre ne voudra pas en manger. Heureusement, les enfants sont plus ouverts que papa et maman 😀

D’autre couples dont les goûts alimentaires sont diamétralement opposés ? Comment faire ?

Iya Iya !

avril 10, 2007

Eh bien dis donc !

Nous sommes les mêmes parents, avec les mêmes façons de faire, mais il semble que bébé #2 a décidé de parler la langue de son papa avant celle de sa mère ! Eh bien, quel drôle de phénomène !

Ma plus vielle a parlé français comme n’importe quel autre enfant. Puis elle s’est mise à comprendre des consignes données dans l’autre langue. Maintenant, elle dit quelques mots de cette langue, mais elle répond en français à son père qui lui lance une phrase berbère. C’est de la voir me demander un « Asserwel » le matin. Je lui dit qu’en français, pour maman, ce sont des pantalons.

C’est drôle aussi que malgré mes talents d’imitatrice, lorsque je dis une phrase en kabyle à ma grande, elle me regarde et me dis :  » Tu parles en anglais maman ?  ». Décidemment, j’ai des croûtes à manger avant de me faire comprendre dans mes tentatives. Mais l’important pour moi est d’au moins saisir le sens des phrases. Je veux comprendre leur conversation. Puis si ma fille parle avec un jeune garçon kabyle au téléphone, il faut que je puisse espionner sur la ligne !!! Bahhhhhhhh 😀

Revenons aux choses sérieuses. Inquiète de ne pas voir jaser bébé autant que sa soeur au même âge, je la vois soudainement, hier, engueuler son ourson trop immobile à son goût ! Elle lui dit :  » Iya Iya Hiba Hiba !!  » avec les petits doigts qui font signe de venir. Il y a quelques petits mots sur lesquels on vient d’allumer.

Je n’en crois pas mes yeux. Mon mari fait un overtime de fou depuis le mois de mars alors comment a-t’elle pris sa décision de me jaser ça dans la langue de papa ? Dire que je passe mes journées à jaser en gaga gougou.

Heureusement que « je t’aime » se dit plus facilement en français pour un bébé 🙂

Hamlaghk !!

Smurlfptrrr !

avril 4, 2007

  

Désolée pour le délai. Mon sentiment était le bon. Rechute de pneumonie avec quelques comparses en  » ites ».  Si je ne peux plus parler, je vais au moins tenter quelques mots écrits.

S’il y a une chose qui se fout de savoir si nous sommes une famille multi-culturelle, c’est bien la maladie. Quoique dans certains pays, les familles sont si nombreuses que la maman peut dormir et se remettre vite sur pied, dans le confort de son lit. Ici, avec Tornade et Poulette dans les jambes, uen pneumonie devient un sport extrême.

Les parents de mon chum ont eu 13  enfants. À vrai dire, 11 bien vivants puis 2 décédés en bas âge. Il y a encore 6 célibataires dans la maison, un frère qui y vit avec sa femme et ses 4 enfants puis les vieux parents. Ajoutons à cela la visite qui se pointe chaque jour. Ça fait du monde les jours de fête ! Mi amore a en effet 24 neveux et nièces ! Mais encore là, ça dépend. Si c’est une fête de mariage, tout le village est invité ! Inutile de dire qu’un foyer de personnes âgées ferait faillite assez vite.

Un grand détour pour dire que c’est dans ce temps là que j’aimerais bien vivre dans une maison polygame avec des co-épouses pour m’aider avec des parents, frère et soeurs pour m’aider. Sinon, je suis trop bien avec ma famile pour ainsi la partager au quotidien. J’y pense, et ce fut quelque chose de difficile lorsque je suis allée là-bas.

Tiens, je vais mettre le texte de mon ancien blog, plus bas. Je parles rapidement de mon voyage. J’y reviendrai.

Ma rencontre avec la belle-famille, en Algérie. 2004

 

Voiçi un petit résumé de ce qu’on peut lire dans mon carnet de voyage:[…] Depuis que nous sommes sortis de l’aéroport, je trouve ça difficile. Il n’y a pas de ceintures dans les voitures. Il n’y a aucun feu de circulation, pas de stop non plus. C’est le free-for-all et la vitesse. J’ai eu la peur de ma vie jusqu’à ce qu’on arrive. Un gros camion s’est renversé juste devant nous. Il a fallu que j’installe le bébé dans le sac ventral. […] la maison est remplie de gens. Ils sont très gentils et accueillants.[…]Je suis très fière que mon mari se soucie de nous et prenne la chose au sérieux. Il a demandé à sa famille de l’écouter un moment. Il leur a demandé de ne pas nourrir notre fille et de toujours vérifier avec nous avant de prendre une quelconque initiative.[…] Il n’a pas été facile de dormir. Les femmes ont cuisiné toute la nuit ! C’est qu’il y a un mariage qui se prépare. C’est le mariage de son frère, qui vit en Espagne, venu épouser une Algérienne. Il y a un mouton mort dans le hall. Ça explique la tonne de mouche. J’ai jamais vu autant de mouches. Je vais pogner les nerfs ![…] Elles cuisinent toute la nuit parceque lors d’un mariage, c’est TOUT le village qui est convié. Ils entrent, passent dans la maison, mangent un peu, s’assoient et regardent les femmes et les enfants fêter. Les hommes eux, sont dehors. Une gigantesque cours. Ça fume, ça boit de la liqueur style orange Crush et pepsi. En fait, ils prennent ça à tous les repas. Pas d’alcool bien entendu.[…] C’est pas facile. Je dois laver les biberons et autres choses du bébé avec de l’eau bouillie. Y’a pas d’eau chaude en plus. Puis la toilette, il faut marcher penché, on dirait une petite grotte humide. J’arrête pas de me cogner la tête au plafond. C’est une toilette turque. Faut viser dans le trou. Peux pas mettre les pieds sur les endroits désignés, je vais viser dans mon pantalon. Faites que je n’aurai pas la diarhée !!!Et bien je me souviens qu’en écrivant ces lignes, je me suis dit que je ne passerait jamais au travers !!! Dailleurs, je n’ai plus ré-écris dans mon cahier :s Ce que je viens d’écrire représente les 24 premières heures seulement.Je vais devoir me servir de ma mémoire pour le reste.

Il y a des choses que j’ai beaucoup aimés, d’autres moins. Des valeurs qu’on ne retrouve pas ici en occident. Et d’autre chose que j’aurais bien aimé avoir là-bas. Pas juste l’eau chaude là lol