Poulet et question

Hier soir j’ai fais un long chemin jusqu’à Ville Lasalle. J’ai mis 1h30 pour y arriver. Il faut dire qu’une pancarte m’a échappé et je me suis retrouvée dans un centre industriel d’une ville voisine. Je suis vite devenue un cas de rage au volant. En maudit contre moi-même d’avoir fait une gaffe si stupide.

Nous étions 3 filles dans la trentaine, s’étant fréquentées durant le secondaire. La 3ième, nous l’avions perdue de vue. C’est la 2ième fois que nous faisons ce genre de souper. Je réalise que les années ont fait leur oeuvre. Les atomes sont moins crochus. Ces derniers ont probablement eu droit à un bon coup de fer à repasser. Mais ce n’est pas grave, juste ce petit moment de rires et de souvenirs fait du bien.

Cette ancienne amie n’a pas changé. Le sexe et les hommes sont encore, plus que jamais, son principal sujet de conversation. Elle nous a même fait la blague du méga-pet avec décompte avant d’embarquer dans la voiture, question de nous faire rire, comme dans le temps. Les années ont fait leur oeuvre, nous avons évoluées chacune de notre côté, des parcours vraiment différents. Nous avons très peu en commun maintenant.

Au cours de la soirée, l’une d’elle me dit qu’il n’y a pas plus raciste que son conjoint des 15 dernières années.  elle me décrit un peu les propos tenus par ce valeureux spécimen. Elle ne sait pas que j’ai marié un Maghrebin. Il faut dire qu’elle ne m’a pas encore demandé le prénom de mes filles, sinon, elle aurait bien deviné. En fait, elle ne m’a pas vraiment posé de question, les 2 derniers soupers étant consacrés aux souvenirs et à la description des fesses du serveur. Pas moi, bien entendu, moi, je préfère parler des raies géantes ( petit inside pour Cath).

Mais, la question qui tue arriva : Dis, vous voulez venir chez moi pour terminer de jaser, je vais vous présenter mon conjoint !

- Bah, sans façon, je suis fatiguée, je vais rentrer chez moi. J’ai une heure de route qui m’attend.

Je ne sais pas si c’est moi qui est susceptible, mais si on vous propose de rencontrer quelqu’un qui vous a été présenté comme quelqu’un qui tient des propos dégoûtants qui vous touchent dans votre quotidien, vous faites quoi ? Vous pourriez lui serrer la main ? 

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6 Comments on “Poulet et question”

  1. Chocolyane Says:

    Je suis régulièrement confrontée à ça, d’une autre façon. Mes parents sont plutôt racistes, donc…

  2. milysmilune Says:

    Choco, donc admettons que tu épouses un noir, que vos enfants sont mûlatres. Continuerais tu à aller rendre visite à tes parents s’il continuent dans leurs commentaires racistes ? Des parents, c’est totché un peu, mais sinon, des copines ?

    Ou bien on te dis : viens, je vais te présenter mon chum, si tu ne lui parles pas des noirs, tu vas le trouver sympa.

  3. Chocolyane Says:

    @ Milys : Je suis rendue assez grande pour faire mes choix et les assumer. Qui m’aime me suive, et basta!

  4. Catherine Says:

    LOL!!!! Les raies!! ;-) )

    Il m’arrive des trucs du genre au téléphone au travail. Aujourd’hui, je me suis justemet fait dire que ca fait du bien de parler a une vraie québécoise, que le plus souvent en appelant ou je travaille on parle à des ”immigrés”…
    J’avais le gout de lui dire, si tu me voyais, tu fermerais ta grande trappe! lol

  5. milysmilune Says:

    Hahahahah je suis crampée ! Voyons donc !!!

    En quoi ça peut ben faire du bien de parler à un Québécois :s Je veux dire, se faire dire que tu n’a pas le droit à ton chèque de chômage, ça doit être poche à entendre, avec où sans accent LOLLLLLLLL

    C’est comme Kenn, qui s’est fait dire par la réceptionniste : ” Ah je sais mais que voulez-vous, on se fait prendre nos place par ces immigrés” ou enfin, un truc du genre.

  6. Kennza Says:

    Ouin, c’était une réceptionniste de la clinique pédiatrique de Maisonneuve-Rosemont. Je voulais un transfert de dossier pour mon fils, maintenant que nous sommes à Montréal et qu’il doit être suvi de près pour son asthme chronique et la sympathique réceptionniste m’a dit que c’était impossible, qu’aucun médecin ne prenait de nouveaux dossiers. Donc je lui demande si elle connaît des cliniques où des pédiatres prennent encore des patients et elle me répond: «Eh non, que voulez-vous Madame, les maudits immigrés sont venus prendre toutes les places restantes, nous québécois, on trouve plus rien.» J’étais bouche-bée de sa réponse, tout ce que j’ai répondu est: «Bon, eh bien, je vais essayer de trouver autre chose ailleurs pour MES enfants immigrants. Merci, au revoir.» Je me disais que c’était inacceptable de répondre ainsi aux clients et j’ose pas imaginer quelles personnes l’ont entendu, peut-être même des ”immigrants” qui étaient sur place.

    Suite de l’histoire : J’ai porté plainte à la commissaire locale aux plaintes de HMR. Heureusement, il y avait déjà eu des plaintes à ce sujet, donc ils ont pu agir. Et moi, j’ai obtenu comme par miracle un suivi régulier pour mon fils avec le pédiatre en chef.

    Et pour en revenir au sujet, je suis moins zen que toi. Amie de l’époque ou pas, lors de l’invitation à terminer la soirée chez elle, j’aurais directement répondu: «Je m’excuse, mais ayant épousé un méchant marocain musulman et ayant mis au monde deux enfants en partie marocains, je crains que je ne sois pas la bienvenue chez toi. Je pourrais être l’épouse d’un vilain terroriste. » En bref, je n’ai désormais plus AUCUNE tolérance pour le racisme ou l’intolérance pernicieuse.


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